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AXELLE RENOIR

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PRESSE

Avec Axelle Renoir, la chanson rock d'ici tient enfin sa jeune auteur-compositeur-interprète. Son premier album, début 95, nous avait enthousiasmés. Avec ce deuxième tome, Axelle Renoir ose plus encore sortir sa voix. Ce que confirment les jeux vocaux des refrains, par exemple dans "L'amour a bon dos" ou dans "Sous les shorts des garçons". Cet ultime morceau s'amuse, comme il y a trois ans, à pasticher un thème de souchon ; succès inévitable grâce à sa mélodie et aux guitares Bashungiennes façon "Osez Joséphine" (à moins que ce ne soit les guitares souchonistes façon "L'amour à la machine").

Avec cet album, plus qu'avec le précédent, Axelle balaie plusieurs styles. Sans jamais s'inféoder à une chapelle, mais avec une nette préférence pour le trip-hop et la techno, ce que lui permet l'excellente production d'un déjà habitué, Philippe Delettrez. Au club des amis, on retrouve Boris Bergman, qui donne ici trois textes, dont l'excellent "Le signal", sexe, drogue et rock and roll vus du côté féminin - sur un superbe mariage synthés-guitare d'Edith Fambuena (Les Valentins, Daho...), très présente ces temps-ci sur les meilleurs coups (Fantaisie Militaire, toujours Bashung...).

Au petit jeu des titres les plus forts, on trouve surtout "Rose", tension permanente et puissance destructrice pour un hymne au désenchantement de la génération Mittérand, et "Le 4ème singe", variation synthétique fortement rythmée sur les petits singes qui se bouchent les yeux, les oreilles et la bouche. A l'écoute de ce second album, on peut se demander si Axelle Renoir n'est pas la plus digne héritière de Michel Polnareff - époque synthés ("Dans la rue", en 1985). Loin au-dessus de quelques récentes tentatives masculines. J-C D - Chorus - Juillet 1998


Une rockeuse qui impressionne

Compositeur et interprète, Axelle Renoir déboule avec un premier album, "Magnum et matinées dansantes" (WEA), du rock énergétique, mélodique, aux paroles gonflées d'images, qui déstabilise à la première écoute et qui enchante en bis repetita. Cette Rennaise de 25 ans n'est pas née de la dernière pluie : de l'école supérieure de claviers au Conservatoire qu'elle intégre directement en sixième année, puis à son bidouillage maison sur ordinateur, cette mordue de Lou Reed et de Gainsbourg a enfoncé le clou musical en attendant son heure. En dehors des jobs alimentaires dans des boites et des restos, Axelle a écrit des chansons pendant cinq ans avec l'aide d'un copain, Olivier Praly. Résultat des courses : Philippe Delettrez (producteur des Innocents), puis Boris Bergman (parolier de Bashung, Eddy Mitchell), Neil Clarck (guitariste de Lloyd Cole) et Sarah Lee (bassiste des B 52's) ont fondu pour le charme de cette rebelle aux yeux noirs, à la voix grave et suave. Banco ! Ils ont tous participés à la création de l'album de cette grande petite qui rêvait de jouer avec ces gens-là. M6, aussi, n'a pas hésité à produire son clip, "Lulu". Loin d'être une midinette à tubes, Axelle Renoir ne veut pas être bouffée par l'urgence commerciale du fast-food musical. On l'a compris : cette perfectionniste, qui veut aussi composer pour les autres, souhaite s'améliorer sur la longueur pour être encore là longtemps. A de T - Elle - 08/05/1995


Dans "La cour des grandes"

Le plus beau des Paris d'Inter, disions-nous dans Chorus 11 : Axelle Renoir venait de sortir "Magnum et matinées dansantes". En octobre 1994, c'est par M6 qu'elle avait été distinguée. En juillet, on la verra aux Francofolies... Musiques élégantes, textes polysémiques, Axelle Renoir est, en 95, la plus intéressante advenue de la chanson-rock française.

Rien de commun, à priori, avec Pierre Auguste Renoir le peintre lumineux de la chair heureuse. Oui, Axelle Renoir est un pseudo, un nom choisi. Peut-être parce qu'il sonne bien des consonnes... Peut-être aussi parce que la lumière n'est pas absente de son premier album, chaudement classé par la critique dans la catégorie Renoir c'est noir... Pourtant, argumente Axelle, "cet album n'est pas sombre mais ironique. Parfois cynique. Energique aussi".

C'est le 2 février 1969 qu'elle nait à Redon, au sud-ouest de Rennes, son père est prof dans un lycée technique, sa mère vendeuse. Le rêve d'Axelle est d'être chef d'orchestre : de 7 à 14 ans, on la voit dans une école de piano de Redon, de 14 à 17 au Conservatoire de Rennes, section harmonie et orchestration. "c'était un endroit qui m'intéressait, même si j'étais dans un décallage de plus en plus grand avec la rigidité du monde classique... (sourire nostalgique). Ce n'est que dix ans plus tard que l'on s'aperçoit de la très grande importance de ces bases. Elles me permettent d'aller plus loin en studio".

Oedipe ou claustro, la scolarité d'Axelle est courte : elle quitte le lycée Bréquigny de Rennes à la fin de la seconde. Un temps suffisant pour se noyer dans la ville des Trans', de 83 à 86... Octobre, Marc Seberg, Taxi Girl : admirative mais pas impressionnée, Axelle garde le cap sur Bowie, Lou Reed... et Paris. Migration accomplie en 88. Commence alors le temps de l'ordinateur couplé à plusieurs synthés - et des rencontres dans les concerts. En 89, c'est Les Innocents qui lui feront connaitre Philippe Delettrez, Dominique Ledudal et Dominique Blanc-Francard... qu'elle retrouvera en 1994, pour son Magnum.

Lors d'une soirée à La Java en 90, Axelle croise Olivier Praly, ex chanteur-auteur d'un groupe de Montpellier. Ils décident de faire des chansons ensemble. La première sera "Lulu", "un moment de fragilité intéressant". Ils ne montent pas de groupe de scène mais composent. Dès 91, Axelle rencontre des directeurs artistiques, maquettes huit pistes sous le bras. Sans succès, mais son nom circule. Pour gagner sa vie, elle travaille dans la restauration et le marketing téléphonique.

La bonne fée Delettrez lui propose alors de préproduire cinq titres pour aller démarcher. Et sans contrepartie. Bingo ! L'équipe signe avec le très avisé Vincent Frèrebeau, chez la Warner. Dernier élément : Boris Bergman. Lui, c'est à La Cigale qu'Axelle le rencontre. Il lui écrit quatre titres, dont l'excellent "Silence je me retourne" : "Il y a quelque chose qui colle entre ma manière de construire/déconstruire la musique et sa manière non-littéraire d'écrire, avec trois ou quatres sens possibles".

A peine a-t-elle recu de M6 de quoi produire un premier clip, qu'Axelle enregistre son album en trois semaines, avec le guitariste de Lloyd Cole et le batteur de David Sylvian... Les programmateurs de France Inter craquent : et hop ! Pari d'Inter pour les Semaines de la Chanson... On attend à présent la suite, sur scène, avec impatience. J-C D - Chorus - Juillet 1995

 
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