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(Au Diable le Paradis - A Ton Contact - Paris sur la Braise - L'Accès - L'Eau Minérale - La Radio Signale)
Mix réalisé par Isé

INTERVIEW

A propos de La Variété... le groupe...

En fait, j'ai été repéré par la même personne, Alan GAC, qui est le fondateur de Rosebub, qui avait donc signé La Variété, et j'avais découvert ce disque à Bordeaux, par pur hasard, et ça a été des déclencheurs pour que je signe avec Rosebud, entre Katherine et La Variété qu'il y avait à l'époque, j'aimais bien cette direction prise par ce Label à l'époque.

Les études...

J'ai fais le BTS pour pouvoir faire mon premier single, en fait je faisais un BTS par alternance, je travaillais dans une banque, un truc, pour moi en tout cas, totalement inintéressant, et le fait de pouvoir gagner un peu d'argent tout en continuant mes études, ça m'a permis d'autoproduire mon premier single, qui s'appelait "Je te hais", et en fait le BTS, je ne l'ai jamais eu. Se sentir rejeté c'est pas forcément mettre en avance ses différences, c'est aussi prendre conscience de certaines choses et notamment de faire une carrière dans la chanson, et quand j'étais petit, je ne me sentais pas entouré par des gens qui avaient les mêmes buts, et je me sentais un peu isolé par rapport à ça. Et le sentiment de rejet, on le retrouve, il fait partie de moi, mais on l'apprivoise, et "Au Diable Le Paradis", c'est probablement un dérivé de ce genre d'impression.

Quitter Bordeaux pour Paris...

Je ne l'ai pas vraiment quitté, parce que j'y retourne souvent, j'ai ma famille là-bas. Pour moi c'est une étape Paris, ce n'est pas une finalité, surtout pour ce métier ou, c'est vrai, tout est centralisé à Paris, et les rencontres avec les musiciens, avec les artistes, avec la promo.. tout est centralisé là, mais je ne m'imagine pas passer ma vie à Paris non plus.

Quand as-tu réalisé que tu voulais faire de la musique ton métier ?

J'ai du faire ma première chanson vers 6 ans, et je n'ai jamais arrété, mais c'était avec un petit synthé que j'avais chez moi et je faisais mes chansons tout seul, c'était rigolo, mais c'est comme ça qu'on a des automatismes après au niveau des mélodies.

Un clin d'oeil à Dorian Gray...

Ce qui est intéressant, c'est le rapport constant à l'image qu'ils ont fait, et par rapport à ce métier qu'on base beaucoup sur l'image avec les clips, avec les pochettes, c'est un rapport qui me paraissait finalement symboliser ce métier, et en fait tout simplement, j'ai mélangé les lettres de mes 2 prénoms pour faire Doriand. J'ai un coté hytérique et un coté introverti c'est sur, et le coté hystérique c'est probablement pour dissimuler ce coté introverti et vice versa. J'aime pas aller dans un sens à 100%, je ne suis pas là pour régler mes problèmes et emmerder tout le monde, mais j'aime bien jouer avec des doubles sens.

Le rapprochement avec Daho s'entend souvent...

Je sais qu'on m'associe souvent à Etienne, et en même tant c'est pas celui dont je me sens le plus proche au niveau artistique, je sais que la voix peut être, permet la filliation, mais je me sens plus proche, en analysant mes chansons, d'un Jacques Duval au niveau des textes ou d'un Chamfort pour le coté un peu cynique et nombriliste, que le romantisme un peu nocturne d'un Daho, c'est mon analyse à moi, mais je pense faire partie de la même famille Pop française, en tout cas je pense, et j'ai mis les deux pieds dedans.

Quel regard as-tu aujourd'hui sur ton premier album ?

Le premier a été fait un peu dans l'urgence, il y a toujours un premier album, et c'est jamais parfait, on est en perpétuelle recherche, mais j'aime beaucoup le premier album, mais je pense qu'il va me falloir du temps pour le voir avec beaucoup plus de recul mais ce qui m'intéresse dans cet album, c'est sa vraie fraicheur et quelque chose de très doux, et quand je serais un vieux monsieur, je pense que j'aurais du plaisr à le réécouter, plus que maintenant. Pour moi tout ce qui était un peu sixties c'état du easy listening, donc c'est vrai que dans le premier album il y avait des influences un peu easy listening, mais je ne l'ai pas fait dans ce but là en tout cas. Comme j'ai fait cet album avec des arrangements très doux, très soyeux effectivement il peut y avoir cette conotation. mais je ne l'ai pas fait dans ce but là.

Le deuxième a été beaucoup plus compliqué à faire que le premier, beaucoup plus contraignant,beaucoup plus long, et je me suis entouré de gens très très différents (Mike Kandel... Tranquility Bass, Mathieu Chedid, Katherine, Marc Collin d'Ollano, Les Valentins et Navis) et donc c'était des influences très diverses et il fallait trouver une unité à tout ça et qui soit mon unité à moi et on a mis beaucoup de temps à la trouver, on a fini par y arriver, et c'est rassurant, et c'est pour ça qu'il a pris du temps.

Que dire à propos de la piste cachée ?

Le batteur du premier album, Andy Gang .. s'est mit à jouer un rythme un peu brésilien comme ça pour lui, et puis du coup on a enregistré, un peu à son insu faut dire, ça nous a fait rigoler, et puis surtout comme l'album se terminait par 360 degrés, qui est une chanson un peu pesante, un peu émotionel, et mettre juste après quelque chose de complètement décalé, ça m'amusait, parce que j'aime bien créer des décalages avec les émotions, et c'est peut être plus visible dans le deuxième que dans le premier. Dans le prochain, il n'y a qu'un titre un peu Brésilien, le reste est très pop quand même, il y a un titre qui s'appelle "Le sèche cheveux" qui est un de mes préférés, et en fait pour le deuxième album j'ai utilisé le coté Brésilien pour son côté un peu naïf, il y a toujours une espèce de légèreté au niveau des textes, et là, j'ai utilisé le coté bossa pour mettre un texte très cynique, parce qu'en fait c'est une chanson où je tue ma fiancée en mettant un sèche cheveux dans son bain, et je le chante d'une manière brésilienne très douce, et les mots sont très violents en fait, donc ça crée un décalage qui m'intéressait en fait.

Le deuxième album...

Il va être, je pense, assez surprenant puisqu'il m'a moi-même surpris, il est beaucoup plus proche de moi, du moins à l'heure actuelle. J'en suis assez fier, j'ai beaucoup basé sur les violons, il y a 25 violonistes qui jouent sur ce disque, je suis allé trouver un arrangeur de cordes, un anglais qui n'avait jamais travaillé pour des français et qui avait fait quand même tous les arrangements de cordes des Massive Attack et The Verve, et il s'est vraiment investi dans le truc, il est venu écouter les maquettes à Paris, ensuite je suis allé le voir chez lui avant d'enregistrer les cordes, voir sur son clavier ce qu'il avait décidé, je lui ai traduit tous les textes, parce que les violons sont beaucoup plus liés aux textes qu'à la musique. Les violons sont une charge d'émotion, et je pense qu'il faut les utiliser par rapport aux mots et non par rapport à l'ambiance musicale, il ne faut pas que ce soit des accompagnements, mais plutôt une espèce de réponse aux textes pour que l'émotion passe, donc le fait que je lui traduise tous les textes parce qu'il ne parlait pas trop le français, à permis d'emmener les chansons vers une plus haute charge d'émotion.

Des collaborations...

Moi j'aime bien être surpris, c'est pour ça que j'aime bien laisser carte blanche, même si c'est ultra risqué de faire ça parce que pour mon unité je risquais de me perdre, mais en même temps ça m'a appris à me chercher et à me trouver aussi. Mais de passer d'un arrangement très machine à un arrangement acoustique, ça a permis de terminer la mosaïque de "ma personne", dans le sens où j'avais plein de petites facettes, et à partir du moment où je choisis des gens, je leur fais confiance et je leur laisse effectivement carte blanche ; c'est ce qui s'est passé pour Les Valentins qui ont arrangé 3 titres sur l'album, et pour tous les autres artistes aussi.

La rencontre avec Les Valentins...

On est dans la même maison de disques et on avait le même management. Je sais qu'Edith et Jean-Louis avaient bien aimé le premier album et ils ont eu envie, quand ils ont écouté les maquettes de mon deuxième album, de travailler dessus. Ce qui est bien chez Les Valentins c'est qu'ils s'investissent vraiment lorsqu'ils aiment quelque chose, et ça, c'était assez sécurisant, car pour s'investir musicalement ils ont besoin d'être à fond et de comprendre vraiment l'univers de l'artiste avec qui ils travaillent, ce ne sont pas des musiciens robots, ce sont des musiciens sensibles.

La rencontre avec Mercedes Audras...

Mercedes cherchait à faire une double affiche, elle me l'a proposé et ça s'est fait, on ne se connaissait pas avant, on s'est connu le soir du concert.

Comment se passe la création ?

J'écris tous mes textes avant, mais au moment ou j'écris, j'ai a priori une mélodie qui vient en même temps, donc comme je ne suis pas musicien, et que je suis mélodiste, je fais toutes les mélodies des chansons, et en général j'ai l'ensemble de mes textes que j'adapte après en fonction de la mélodie, des musiques qu'on me propose, et je me dirige vers des gens qui me touchent au niveau musical pour y déposer les mots dessus. Et en général, lorsqu'on me propose la musique, ça va très très vite, c'est à dire que je regarde par rapport aux quinze textes que j'ai devant moi et je choisis celui qui correspond le mieux à cette musique là, et la mélodie vient en 2 ou 3 minutes en général. Je ne travaille pas les mélodies, je les laisse spontanées. J'aime bien saisir l'instant des mélodies, que ça ne soit pas trop travaillé, mais plutôt naturel. Mais je ne change jamais le sens d'un texte par rapport à une musique. Il y a plusieurs manières d'aborder une chanson, moi je sais que quand j'écoute un album, le plus souvent en variété française, je lis les textes en écoutant la chanson, c'est pour ça que je mets toujours les textes sur mes albums, je trouve ça hyper important, on rentre plus vite et mieux dans l'univers, on comprends plus vite, parce que quand on écoute, on est distrait et on a plus tendance à entendre plutôt qu'écouter.
Je pars plus de moments de violence intérieure. Le romantisme, ce n'est pas un truc dont on tient les ficelles, les gens le captent ou non, et le romantisme c'est un truc qui se partage, on ne peut pas être romantique tout seul, il faut le regard de l'autre pour pouvoir devenir romantique.

La pop aujoud'hui ?

C'est très dur, parce que j'ai l'impression qu'on est revenu à l'époque des années 80, où il y avait les premiers Elli et Jacno, des chanteurs pop, mais qui avaient un succès assez confidentiel finalement, et là, aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est un peu ça. Quand on démarre dans ce secteur pop qui est un peu écrasé par les gros mouvements comme le rap, c'est vrai que la pop a repris un circuit un peu underground. Je refuse de croire que la pop est un language mort. C'est comme dans la physique où il y a une règle qui dit : "rien ne se perd tout se transforme", la pop va se transformer aussi, elle évolue à son rythme, mais je ne vois pas comment on peut dire maintenant comment elle va évoluer.

A part la musique ?

Pour l'instant, je suis dans une phase mosaïque, je fais des objets en mosaïque, et c'est une forme de peinture pour en faire un dessin, mais plus de peinture, non. J'expose chez moi, chez mes parents, mes amis... ça me détend !

Des projets ?

Je pense à une tournée l'année prochaine...

20/07/98
Isé
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