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(Les Avenues, J'ai triste, Les pieds dans la lune, Teddy Bear, On le sait, Février, Qu'importe c'est l'été)
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INTERVIEW

J'ai pris à part... Edith (interview de janvier 2001)                           J'ai pris à part... Jean-Louis (interview de janvier 2001)

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Paris. Au programme, déambuler, s'égarer chez un disquaire et s'attarder sur les bornes d'écoute. Un album de couleur vive, et un nombril... tiens ça rappelle Murat, d'autres bergers se seraient-ils magnifiquement perdus ? L'oreillette droite trouve sa place calée au creux de l'épaule... premières notes des Valentins, première résonnance de la voix d'Edith... ben finalement l'oreillette gauche trouve sa place également. Trois minutes pour quelques clics entre la 1ère et la 6ème piste. Je ne partirai pas d'ici sans ce petit ventre "égo-centrique". Désorientée, "la ville est ronde, je tourne en grand" avec la volonté tenace d'écouter cet album. Le moteur s'arrête sur les bords de Seine. Il mérite d'être accueilli sans se préoccuper de ces satanés piétons parisiens. J'ai le temps... Edith a quelques heures de retard...

 

Qui sont-ils ?

Alors Les Valentins existent depuis 89-90, nous sommes deux, Jean-Louis Pierot et moi, nous sommes originaires d'Aix en Provence.

Alors pour garder un ordre chronologique il y a une rencontre qui s'est produite, comment tu l'as vécue et est-ce qu'on peut parler d'une chance pour Les Valentins ?

J'imagine que tu fais allusion à Etienne Daho, on s'est rencontré en 86, et il est évident que ça a été une grande chance, ça nous a permis de faire tout de suite des choses assez concrètes, on a travaillé et collaboré ensemble pendant pratiquement 10 ans et c'est sûr que c'est enrichissant parce que quand tu es jeune en arrivant de la province, et que tu es aidé par quelqu'un de confirmé, ça apprend plein de choses et on ne pouvait pas mieux tomber, maintenant il est évident qu'à un moment on a envie de voler de nos propres ailes c'est ce qu'on essaie de faire, tant bien que mal.

Quelques mots d'Etienne : " C'est vraiment une musicienne très douée, une collaboration parfaite, une personnalité très très forte, vraiment rare".

Ce qui s'est passé pour Paris Ailleurs, mis à part le fait que nous sommes amis, au niveau de la collaboration artistique ça s'est très bien passé, d'autant plus qu'on est resté quand même 3 mois aux Etats-Unis, donc on était dans un contexte un peu intimiste, on était obligé d'être ensemble et donc cet album il est ce qu'il est à cause de tout ça. Maintenant ce qu'il a dit sur moi c'est sûr que c'est flatteur, le tout c'est de le penser vraiment (rires).

Des rencontres et une expérience bénéfiques pour la musique des Valentins ?

Ce qui m'a aidé c'est la rencontre avec d'autres personnes et comment gérer aussi sa part en production, en studio. Ce qui m'a intéressé c'est de travailler avec des personnes étrangères, des gens qui avaient une autre culture, un autre univers, et comment arriver à mêler ce qu'on appelle la chanson française avec un univers un peu plus anglo-saxon. Et aussi d'avoir l'envie de partir à l'étranger pour faire ce qu'on avait envie de faire, chose qu'on a faite sur le 3ème album, parce qu'on avait envie de s'exiler un peu, trouver d'autres atmosphères, une autre ville et ne pas être emmerdé.

Faire vivre son propre groupe, être musiciens d'Etienne... un jeu de lumières ?

Ca a toujours été en parallèle, que ce soit pour Etienne ou d'autres gens, maintenant, c'est vrai que ces personnes-là sont plus connues que nous donc on en parle plus, mais la priorité ça a toujours été Les Valentins en ce qui me concerne et en ce qui concerne Jean-Louis. Maintenant c'est le revers de la médaille, c'est vrai que tu collabores avec quelqu'un, il est évident que tu vas parler de cette personne là, et elle, elle va parler de toi, mais si toi tu n'existes pas et tu n'as pas d'identité avec ton groupe et avec ce que tu fais, il est évident qu'à un moment tu te sens peut-être dans l'ombre. J'imagine que quand on écoute Paris Ailleurs et Ego Ego, on se dit que ce n'est pas tout à fait pareil et heureusement c'est normal.

Tu dis du 1er album qu'il a été trop rapidement élaboré, le 2ème un peu trop relaché, es-tu satisfaite du 3ème ?

Je suis satisfaite du troisième dans la mesure où on a mis beaucoup de temps à le faire, y a eu pas mal de vécu et il a une histoire complètement différente des autres. Le 1er, on l'a fait en 23 ans, le 2ème, 3 semaines et celui-ci on a mis 3 ans. Et puis c'est vrai qu'on arrive à la trentaine, période où il se passe beaucoup de choses tant dans la vie privée que dans la vie professionnelle. On a fait des choix, on a pris des décisions... qui n'étaient pas toujours très simples, et ce 3ème album c'était un peu un accouchement dans la douleur comme on dit, mais on en est content.

L'inspiration des textes... une source autobiographique ?

Autobiographique non je ne pense pas, on écrit sur l'émotion, sur ce qu'on ressent, il y a toujours des détails de la vie de quelqu'un qui vont te faire rêver ou tu vas t'imaginer des histoires et t'as envie d'en écrire quelque chose, des choses qui te marquent, alors tu essaies de trouver les mots, parce que c'est pas facile d'écrire une chanson, surtout en vieillissant c'est de pire en pire. Mais là sur le 3ème album on a joué plus des personnages qu'autre chose, c'est plus de la narration que des sentiments qu'on avait évoqués dans le 2ème album par exemple.

Ego Ego pourquoi ce titre ?

On l'a eu à la fin, on n'avait pas encore de titre, alors 2 albums sans titre c'est pas vraiment ce qu'on nous demandait, et Ego Ego pour plusieurs raisons d'abord parce que ça a été un peu difficile, aussi bien dans le choix des chansons que dans la réalisation, dans le choix des musiciens, la façon de faire... et aussi pour montrer qu'il y avait 2 personnes, Jean-Louis et moi. Ca a été difficile entre nous, même si ça fait 17 ans qu'on est amis, c'était difficile d'aboutir, on voulait la même chose mais on n'avait pas la même façon de les travailler, donc 3-4 ans de travail comme ça sur des chansons ça épuise un petit peu les nerfs, et ça a été pas mal de disputes, des réconcilliations qu'on retrouve finalement dans cet album, mais ça c'est notre histoire.

"On le sait" une intro qui rappelle un certain Wonderwall, ça fait partie de vos écoutes ? et quelles sont réellement vos influences musicales ?

Des influences musicales c'est sur qu'il y en a plusieurs, en plus on est deux donc ça multiplie pas mal de choses. Ca ressemble à Oasis comme Oasis ressemble à tout ce qui a une intro un peu folk. Quand on est partis à Londres faire cet album là, on sortait dans des pubs et effectivement on écoutait du Blur, Oasis... et culturellement ça nous était proche et dès qu'on arrivait en studio ça allait plus dans cette veine là que dans la techno, parce qu'on n'allait pas dans les clubs pour aller danser, si ça avait été le cas peut-être qu'on aurait fait un autre album, maintenant c'est vrai qu'on aime bien la culture pop anglaise effectivement.

Pourquoi ce choix de Londres pour l'enregistrement du dernier album ?

On a collaboré avec des anglais, des amis à nous et c'était plus facile d'être là-bas, et en son on avait la volonté de faire ça avec des anglais, parce que Jean-Louis et moi on est français, donc c'est peut-être une pâle imitation de ce que eux pouvaient nous apporter.

Beaucoup d'instruments qu'on ne retrouvait pas sur les précédents albums, notamment un rajout de cuivres...

C'était pas vraiment une volonté, on a pensé avant tout aux chansons et comment on avait envie qu'elles sonnent. Alors on a mis beaucoup de choses... comme on fait d'habitude, et ça a donné ça, des cuivres, mais pas des cuivres très jazzy, plutôt anglais, mais ça c'est venu sur place, on écoutait et on se disait on allait peut-être rajouter ça, et les guitares ça a toujours été un peu ça, mais les chansons ne s'y prétaient pas, il y a en tout cas cette volonté là, on pourra dire peut-être un peu plus électrique.

En trois albums la voix a changé, (l'accent se perd d'ailleurs...:-(( ), tu as travaillé ta voix ?

Je ne sais pas si j'ai vraiment travaillé la voix, je n'ai pas énormément de coffre, on ne peut pas vraiment me qualifier de grande chanteuse. J'en ai pris plein la gueule par rapport à ça, ça dérange un peu les gens et c'était aussi un peu contre-carrer ce qui se passait en France, parce qu'il y a pas mal de personnes qui font des chansons... j'appelle ça des choristes qui chantent avec des mélodies un peu pompeuses. J'avais envie de faire un truc simple avec un peu plus d'émotion, un peu plus de grain, donc je me suis efforcée de me mettre dans la peau d'une chanteuse à un moment donné.

La tristesse vous y travaillez aussi très souvent !

Ben on aime bien la tristesse... on n'est pas là pour rigoler quoi !!! Mais en même temps faut pas prendre ça au sérieux, on ne sait pas faire des chansons s'il n'y a pas un peu de mélancolie et ça va avec l'harmonie qu'on aime, les chansons tristes ça nous plait. On essaie de faire au mieux en prenant un deuxième degré, on y arrive pas toujours, peut-être qu'on n'y arrive même jamais, c'est triste, mais c'est pas suicidaire non plus... mais on aime bien la tristesse, c'est un truc dans lequel on évolue pas mal !

"On le sait" version single et version album différentes... pourquoi ?

"On le sait" avec la version qu'on avait réalisé sur l'album c'était exactement ce qu'on avait envie, bon elle traine un peu la patte, et c'est vrai que, quand on l'a fait écouter aux radios, c'était un peu difficile de la mettre entre 2 chansons. Il y avait un tempo plutôt lent, des arrangements jolis mais lourds pour ça, donc on a allégé le tout, on a accéléré le tempo, j'ai rechanté et puis apparemment c'est ce qui plaisait le plus, mais je pense qu'on avait tout dit dans la première version.

Principalement des chansons en français dans le texte, mais pas que...

Avec le genre de musique qu'on fait, le français c'est de plus en plus difficile à exprimer alors par exemple pour le titre en espagnol, j'aime bien l'humour et la langue espagnols, en français ça n'aurait pas assez bien sonné et en anglais j'aurais menti parce que je ne parle pas assez bien l'anglais pour chanter un truc sérieux comme ça, après il y a un truc en anglais qui s'appelle "It's too late", un texte un peu naïf, je le chante avec un accent terrible, mais c'est voulu, là je ne mens pas non plus. Mais on n'a pas cette ambition d'une carrière internationale, on va essayer d'intéresser un peu les gens en France, de plus en plus si on peut, mais c'est difficile pour un groupe français, et pas avec la musique qu'on fait.

Avec Jean-Louis, comment se passe la collaboration ?

C'est une vraie collaboration, c'est à dire qu'il y en a un qui va avoir l'idée d'un texte et commencer à le travailler, mais on part surtout de la musique à chaque fois et après on élabore les textes ensemble. On travaille chacun chez soi et dès qu'on a quelque chose on en parle, généralement c'est pas une chanson de A à Z, c'est souvent le refrain d'une chanson, ensuite l'intro d'une autre et ça fait un petit puzzle, d'où l'intérêt d'une collaboration. Maintenant, si Jean-Louis ou moi on travaillait seuls, peut-être qu'on ne ferait pas ce qu'on fait avec les Valentins, ça serait autre chose.

Une collaboration avec Alain Bashung sur quelques titres de "Fantaisie militaire"...

Une belle expérience, ça a duré pas mal de mois et c'était très enrichissant à tous les niveaux.

Un 4ème album... on y pense déjà ?

Penser à un prochain, oui, on y pense toujours une fois qu'on l'aura digéré, ce qu'il faut c'est le faire vivre maintenant, et après on envisagera peut-être d'en faire un autre, même s'il est déjà dans la tête.

La collaboration avec Etienne, c'est fini ?

Non pas collaboration finie... pas sur cet album en tout cas... peut-être plus tard...

A quoi rêve Edith ?

Houla !!! pas mal de choses, mais ça, ça me concerne...

(Ben... qui tente rien... )

Isé
26/09/1997
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