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(Les Avenues, J'ai triste, Les pieds dans la lune, Teddy Bear, On le sait, Février, Qu'importe c'est l'été)
Mix réalisé par Isé
 
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PRESSE JUKE BOX :

Lorsque Edith chante de sa voix fragile et sensible sur des rythmiques brit pop, il est difficile de ne pas succomber au charme frais et doux de Juke Box. Les Valentins démontrent leur habilité à écrire des ritournelles faciles à retenir et finement orchestrées (guitare acoustique, instruments à cordes et nappes de claviers). Un très bon album pop. (D.H) mcm.net Le Juke Box des Valentins est dans le café et dehors, décor planté là pour mieux dire les choses qui saignent, qui pleuvent, pour mieux murmurer l’intime sous l’élégance harmonique. Il faut beaucoup de talent pour conjuguer la séduction pop, le plus souvent alliée avec une superficialité confortable, et un propos aimant et fragile, calme et blessé. Les Valentins ont ce talent. (Anne-Marie Paquotte) - Télérama.
Il faut se laisser porter par Juke Box, qui est un disque de silence, où tout est dit entre les lignes et sans qu’on éprouve le besoin d’en parler… A force de collaborer dans la famille des marges élargies (Daho, Hardy, Fontaine), les Valentins ont eu moins de temps pour penser à leur carrière. Ils ne font donc pas carrière. C’est un atout, qui peut faire vendre peu, mais gagner beaucoup. Véronique Mortaigne – Le Monde On écoute Les Valentins comme on voyage dans un pays, en passant d’un endroit à un autre, à l’aventure, un carnet de route à l’allure débonnaire, où les haltes sont notées, sensibles et précises, plus touchantes encore dans la voix subtile d’Edith. Bonne route. Dominique Farran – Buzz
Et voici qu’ils parviennent, avec leur troisième album (biiiip ! NDLR), à une sorte de sûreté du trait qui les assure de la touche à tout coup : émotions justes, adéquation parfaite de la lumière et du sens. Edith Fambuena et Jean-Louis Pierot ont enfin leur pierre philosophale, leur formule magique (c’est-à-dire heureuse) pour exposer des mélodies douces, hautes, radieusement mémorisables. Bertrand Dicale – Le Monde de la Musique Avec « Entre elle et moi », souhaitez-vous devenir le porte-drapeau des gays ?« Non, c’est un message de tolérance. On trouve qu’il y a encore trop d’artistes qui mentent pour des raisons commerciales. Nous, on ne ment pas, on chante le droit à une vie comme les autres. »« En montant à Paris, j’ai effacé mon accent par peur de ne pas être acceptée. Mais ce sont mes racines… » Propos recueillis par Pierre Fageolle – Femme Actuelle
 

Edith chante, alors… Alors sa voix attire les oiseaux, les hirondelles, les libellules à peine nées… Sur un clavier imaginaire, Jean-Louis pianote une mélodie lancinante, répétitive, si profonde… Entre un doux rêve et un furieux cauchemar, il y a un si petit pas, une marge à peine perceptible que les deux artistes ont su capter. Les Valentins reprennent à leur compte les gouffres et les faux-pas, les non dits de nos non-vies. Définitivement immortels, ils se savent vulnérables, poreux. Une faiblesse qui est leur grande force, sans parler d’un talent d’écriture, d’émotion et de ténacité qui n’appartient qu’à eux. Leur Juke Box est une machine moderne aux accents traditionnels, ceux d’une chanson à texte qui s’orne d’atours électriques. S’ils tiennent, nous sauront tenir aussi… Marc-Emmanuel Konigson – Compact

 

Voilà un disque qui va tourner ! Une merveille d'album à chansons, nappées de cordes, incisées de passages électriques, des textes à la fois séduisants et intelligents, des mélodies qui s'apprivoisent au bout de deux/trois écoutes. Non, on ne vous recycle pas la chronique du dernier Daho, Corps et Armes, mais ce sont bien les mêmes émotions que l'on ressent à l'écoute de Juke Box, le quatrième album des VALENTINS. Coïncidence ? Pas vraiment. Cela fait des années qu'Edith Fambuena et Jean Louis Pierot oeuvrent dans le sillage d'Etienne Daho. Pour Corps et Armes, ce sont eux qui sont à l'origine des deux plus beaux morceaux du disque "Ouverture" et "San Antonio De La Luna". Au chapitre des collaborations magiques, les VALENTINS ne sont d'ailleurs que des récidivistes, puisqu'en 1998, ils signent déjà quelques unes des plus belles chansons de l'album Fantaisie Militaire de Bashung dont "La Nuit Je Mens", rien que ça. Parallèlement, leurs trois albums précédents, de rock français plutôt basique, n'avaient pas fait la différence. Juke Box prouve aujourd'hui que les VALENTINS peuvent aussi composer pour eux-même dans la cour des grands. Edith et Jean Louis signent tout ensemble, écriture, composition, interprétation. DE A à Z, ils maîtrisent tous les aspects du disque, sans aucune faute de goût. Leur force ? Ils savent laisser vivre les chansons sans les abreuver d'arrangements (dans lesquels ils excellent pourtant). On prend d'autant plus de plaisir   à saisir les parties de cordes quand elles traversent les mélodies. Bien qu'on les sente tous deux démangés par ces guitares électriques qui étaient, jusqu'ici, leur fond de commerce, ils ont su, cette fois, les mettre au service des mélodies. Quant aux textes, ils n'ont sans doute pas la classe d'un Daho chanteur de charme, ou la déglingue d'un Bashung. Mais leurs refrains font tellement vite l'effet de drogues douces que la dépendance est garantie ! Fabien Eloire- PRESTO ! n°49 mai 2001

PRESSE

LA PATTE SENSIBLE DES VALENTINS, DUO DE MERCENAIRES

Au couer de la réussite de Corps & Ârmes : les Valentins, duo formé par la guitariste Edith Fambuena et le clavier Jean-Louis Pierot, musiciens, arrangeurs, coréalisateurs de l'album et coauteurs de deux de ses chansons.

Pour son nouvel opus, Etienne Daho a fait appel à ceux qui avaient déjà participé, en 1991, à la réalisation de Paris ailleurs, souvent considéré comme son meilleur disque jusqu'alors. On avait aussi remarqué l'intervention du duo sur plusieurs titres du Genre humain de Brigitte Fontaine, de Fantaisie militaire, dernier album en date d'Alain Bashung ou de La part des anges, de Jacno, pionnier revitalisé de l'électro-pop. On en oublierait presque que Les Valentins ont sorti sous leur nom trois albums - Café des deux mondes (1990), Les Valentins (1993), Ego Ego (1997) -, des disques touchants, largement ignorés par le succès commercial.

Pour eux, Etienne Daho est un "grand frère". C'est lui qui, au milieu des années 80, déniche un petit groupe d'Aix-en-Provence, les Max Valentins, dont il produit le premier 45 tours (Les maux dits). Alors en trio, le groupe raccourcit son nom lors au départ d'un de ses membres (le futur Gérald De Palmas). Pygmalion du Café des deux mondes, Daho réquisitionne en retour ses protégés. Edith cosigne un titre de Pour nos vies martiennes. Puis le Duo embarque pour New York pour l'enregistrement de Paris ailleurs, héritant du rôle d'abord confié à Carlos Alomar, le guitariste de David Bowie.

Mais le poids du parrainage fut parfois étouffant. Leur deuxième album, le plus réussi, pouvait aussi s'entendre comme un moyen d'exister sans leur mentor. Edith Fambuena, amoureuse des musiques noires, au jeu masqué par l'influence des guitaristes rythmiques de la new wave new yorkaise (Talking Heads, Comateens...) ; Jean-Louis Pierot, longtemps fan de pop anglaise, impressionné, comme sa complice, par la beauté lancinante des deux derniers albums de Talk Talk (Spirit Of Eden, Laughting Stock). Troisième tentative, Ego Ego sert une épreuve qui les mènera a deux doigts de la séparation. "Nous avons souvent commis l'erreur de ne pas assez adapter notre musique à ma voix, explique Edith. J'ai voulu chanter des morceaux écrits pour d'autres". Leur collaboration avec Alain Bashung pour Fantaisie militaire pansera les plaies.

Des Idées

A l'opposé de la perfection clinique des requins de studio, le duo offre des idées et sa sensibilité. La patte Valentins ? "Nous aimons poser un climat avant de donner une progression rythmique". En introduction de Corps & Ârmes, la splendide Ouverture fonctionne sur ce principe. "Avec Etienne, la seule difficulté est de gérer ses engouements, estime Edith Fambuena. L'album était pratiquement terminé quand il a voulu inclure quatre titres avec Vanessa Daou. On a dû se battre pour qu'il n'y en ait qu'un".

Corps & Ârmes aura une fois de plus repoussé et modifié le propre projet des Valentins. Ils travaillent aujourd'hui les titres d'un quatrième album - "plus axé sur la simplicité et les chansons" - prévu pour le début de 2001. A moins qu'il ne soit retardé par une tournée avec Daho ou une nouvelle contribution... SD - Le Monde 06/05/00


MY FUNNY VALENTINS

Huit années après Paris ailleurs, son meilleur album, Daho a rappelé Les Valentins pour coproduire en finesse Corps et Ârmes.

"La première fois que j'ai rencontré Les Valentins, ils étaient encore tout bébés, à Aix-en-Provence. Je les ai ensuite produits sur mon label et à l'époque de Paris ailleurs, j'avais imposé leur guitariste Edith Fambuena comme coproductrice, alors que personne ne lui faisait confiance : non seulement c'était une fille, mais en plus elle avait peu d'expérience. Elle a été une partenaire géniale et après, on est partis en tournée pendant neuf mois. Si bien que leur existence en tant que Valentins a été totalement ruinée. Je les ai trop accaparés et à la fin, il y a eu clash.

Pour eux, Etienne Daho, c'est lourd : je masquais ce qu'ils sont capables de faire. C'est pour ça que j'étais content qu'ils fassent leurs armes et soient reconnus avec d'autres gens comme Jacno, Brigitte Fontaine ou Bashung. Je trouve qu'ils ont de moi une vision assez juste, j'avais envie de retravailler avec eux et l'année dernière, par hasard, j'ai recroisé Jean-Louis Pierot dans une fête. J'ai vraiment été impressionné par la façon dont il avait mûri. Je lui ai expliqué ce que j'attendais de mon nouvel album : "On commence par le piano et les guitares, mais c'est toujours la mélodie qui prime ; on fait les arrangements autour de ma voix ; c'est un album de chansons ; sans aucune prétention d'être le plus juste et touchant possible".

J'attendais cet album dans ma tête depuis des mois déjà. Nous étions vraiment contents de nous retrouver. Jean-Louis m'a énormément surpris : il était jusqu'à présent très renfermé et là, il m'a démontré à quel point je pouvais compter sur lui, sur son talent. Du coup, je leur ai volontiers laissé la place, j'ai été beaucoup moins obsédé par le contrôle que d'habitude, c'était plutôt "qui m'aime me suive". Le partage était très équitable, il n'y avait pas de chef, même si je reste le chanteur, le décideur. Alors que d'habitude, je peux être autoritaire, j'avais envie qu'ils me disent ce qu'ils pensaient. C'est la première fois que je me mets autant en retrait, pour laisser la place à quelqu'un d'autre, sur un de mes disques". Propos recueillis par JD Beauvallet. Les Inrocks n°239 / 18-24 avril 2000. Article sur la sortie de Corps et Ârmes d'Etienne.


LES VALENTINS, A LA TIENNE EDITH

Qu'on se l'Etienne pour dit : Les Valentins ne veulent plus être seulement "les musiciens de Daho" ; mais, entre guitares pop et revival néo-baba, un vrai groupe. Avec disques, concerts et quelques bonnes chances de succès dont les suivantes :

 

C'est un disque comme on avait perdu l'habitude d'en entendre. Guitares pop et harmonies douces, tempo lent et rythme chaloupé, arrangements pleins et production qui laisse toute sa place à des morceaux longs (parfois trop) aux textes tendres et légèrement désabusés, et à une voix un tantinet lymphatique. Un disque original donc, aux fortes réminiscences eighties (voir la reprise du Satisfy My Soul de Marley), qui marque le retour en force des Valentins, ce duo de musiciens aixois parti s'aguerrir à Paname en 86, et qui nous revient aujourd'hui plus fort, et plus mûr. Pour ce disque, le groupe a bénéficié de moyens plus importants et d'une autonomie artistique complète. Les Valentins en ont profité pour y inviter quelques fines lames (Jean Lamotte à la console, Jacno, auteur du J'ai Triste sorti en simple, Stephen Irvine, batteur de Lloyd Cole, et Marcel Aubé, bassiste chez Daho) ; ils en ont surtout profité pour être eux-même, quand bien même ils ne dissimulent pas combien les Nits ou Talk Talk les ont influencés, dans cet album qui rappelle par moment Gamine, Bordelais sacrifiés voici quelques temps sur l'autel de prestations scéniques jugées insuffisantes. Cet album sans titre est la seconde réalisation de nos amis d'Aix. Le précédent, sorti chez Warner, reste pour Edith Fambuena, brune guitariste coiffée avec un pétard, comme une tâche de graisse sur un complet veston : "Le format était trop rigide, explique-t-elle. Les morceaux devaient faire trois minutes chrono." Jean-Louis Pierot, son complice aux claviers, parle plus volontiers des débuts du groupe. "A Aix, on était comme des fous sur nos petites maquettes. On pensait surtout à faire de la musique, on avait une certaine naïveté."

 

Depuis, le chemin parcouru l'a surtout été dans l'ombre d'Etienne Daho, rencontré dans la région à l'issue d'un concert. "Il cherchait des groupes pour signer sur sa maison d'édition. Il a tout de suite aimé ce qu'on faisait." Devenus les musiciens fétiches du grand frère rennais depuis qu'Edith lui a offert Caribbean Sea, une mélodie toute martienne, et co-réalisé Paris Ailleurs avec lui, ils l'ont accompagné sur ses deux dernières tournées, produisant dans l'intervalle l'opus solo d'un Nicola Sirkis en vacances d'Indochine, et accumulant les heures de travail en studio.

 

Leur autonomie toute neuve ne signifie pas pour autant une rupture définitive avec Daho ("jusqu'à cette année, on travaille encore ensemble. D'ailleurs, il nous édite toujours"), mais le besoin de se frotter à la scène : las de l'ombre, les Valentins rêvent aujourd'hui de jouer en pleine lumière. Ils seront jeudi 9 décembre au Trolleybus, une excellente occasion d'aller côtoyer le charme sombre d'un groupe presque tout neuf qui, s'il témoigne d'autant d'assurance sur les planches qu'il le fait sur bande, n'a pas fini de nous surprendre. C'est bien tout le mal qu'on lui souhaite.

D.K. - Taktik - 15/12/93


Les Valentins. Groupe fascinant... parce qu'on s'attarde sur les photos, parce qu'on trouve dans les textes des choses qui nous touchent et qui respirent l'air de 93 ("No Sex", "Les Sans Lendemains") et parce que tout ceci se vérifie à l'écoute : leur musique nous trouble. La poésie ne leur fait pas peur et ils l'intègrent à leurs univers de belle manière. "La Nuit De Plein Soleil" est un beau texte de Nina Bouraoui, chanté, dit, murmuré par pas moins de six participants et, au bout du compte, un fabuleux morceau de presque vingt minutes. Et sans parler du reste... le "Satisfy My Soul" de Bob Marley redécouvert, le serpent de Jim réinventé et la délicieuse verve de Fambuena : "Et si ma nuit t'était contée mon pauvre ami tu en mourrais...". Alors, on les aura attendus longtemps nos "Valentins" mais cette fois, on les tient. Leur musique s'intègre à merveille dans l'espace-temps de cette fin de siècle. A.D. - Rock Sound n°7 - 09/93


LES VALENTINS SONT TRISTES

Décidément les Valentins sont tristes. Leur premier album, Café Des Deux Mondes, indiquait, sous un format "pop" une vraie fêlure, une inquiétude existentielle : histoires d'amour sans issue, où caresse rimait avec détresse.
 
Il y eut ensuite Annabelle Partagée, le film de Francesca Comencini dont les Valentins avaient, avec Etienne Daho, composé la musique ; la voix d'Edith Fambuena, fine, gracile, se posait sur des images soeurs : itinéraires de filles qui s'interrogent, qui hésitent entre chair et esprit, solitude et société. L'autobio d'une génération ?
 
Aujourd'hui, le nouvel album des Valentins, sans titre (Barclay 519-262 2), témoigne que la blessure est encore ouverte, que la plaie (mentale) s'est même agrandie.
 
Le rock français n'a pas souvent accouché d'un disque aussi sombre, inquiet et prenant, qui nous ramènerait presque aux temps bénis du rock rennais, pourquoi pas du côté du premier album de Marc Seberg, quand la pesanteur de l'inquiétude l'emportait sur la violence musicale. Un magnifique texte de Jacno, autiste et dépouillé, J'ai Triste, résume magnifiquement la situation.
 
Duo aixois, Les Valentins, composés d'Edith Fambuena, chant et guitare, magnifique visage de garçonne butée et de Jean-Louis Pierot, claviers, étaient montés à Paris, remarqués par Etienne Daho, qui produisit leur premier album, puis fit d'Edith sa guitariste attitrée.
 
Daho est moins présent sur cette album, nul doute pourtant qu'il soit quelque part derrière, conseiller diligent.
 
Chacune des expériences des Valentins, disque ou scène, correspond à quelquechose qu'ils ne peuvent plus faire, faute au succès, faute au système : la noirceur brute de ces titres enregistrés en studio sans répétition, c'est l'envers du décor, le contraire des produits calibrés, trop pensés, que l'industrie du disque réclame à ces stars.
 
Un désespoir trop voyant, et, paradoxalement, rafraîchissant.
A.F. - La Croix - 20/08/93

AINSI VALENTINS

Duo découvert par Daho, secondé par Jacno, Les Valentins ont enregistré l'un des albums français les mieux tournés et tournent en France en mars.

 

Comme la terre sous l'hiver, le rock durcit sous la crise. Inégalement mais presque partout. Même en france où pourtant le rock est encore un enfant et se rit des frimas. Partout ? Non : pas chez Les Valentins ! Et qu'est-ce que cette étrange peuplade-là, Les Valentins ? Une fille, Edith Fambuena, dont les borgnes disent qu'elle ressemble à un garçon ; un garçon, Jean-Louis Pierot, dont la figure ressemble à celles de l'Ile de Pâques, deux albums, vingt chansons, une atmosphère d'Ile au Trésor au coeur des jours d'ici. Un véritable bout du monde en pénitence volontaire dans cette cour de récré criarde et m'as-tu-vu du rock hexagonal. Leur premier disque, déjà, s'appelait Café Des Deux Mondes, comme ces romans jamais fixés de Paul Auster. Deux univers. Celui d'Edith, grave et gracile écumeuse de bouquins lourds à digérer seule dans son coin ; celui de Jean-Louis, vorace naufrageur d'obscures météores de la mythologie rock impropres à la consommation égoïste. Celui d'Aix-en-Provence où ils grandissent, dont la lumière attire les peintres, et le climat les écrivains ; mais peu sensible au fracas nordiste des rythmes binaires. Celui, éclatant, éblouissant, écrasant, des somptueuses harmonies des Beatles ; celui aussi des abyssales explorations du Velvet Underground. Soudés au feu parfois durable des amitiés électives au milieu des frivoles anées 80, Les Valentins seront donc estampillés "pop", tendance mélancolique, voire sombre. Ce qui ne doit guère à une écoute attentive d'une chanson superbe et contrastée comme Les Avenues, mais beaucoup à la réputation de leur "découvreur", Etienne Daho, mécène désintéressé, ami empressé, producteur trop pressé... le mot ami revient. Il a un sens décisif pour Les Valentins : pendant qu'ils traversent un bout de désert entre deux maisons de disques. Daho fait encore appel à eux pour Paris Ailleurs et la tournée qui suit. Les chansons qu'ils écrivent alors prennent un essor inattendu, d'autant plus personnel et aventureux qu'ils sont confrontés, chaque soir, à un succès qui n'est pas vraiment le leur. Passionnante expérience dont Les Valentins, paru à l'été 93, porte la trace indélébile : l'album est des Valentins et de personne d'autre, cru et subtil, humide et percutant. Textes taillés au scalpel exigeant d'Edith, ses guitares nerveuses et suaves, des mélodies en sables (é)mouvants; les arrangements complexes et souples de Jean-Louis, tout concourt à faire de ce deuxième album l'un des meilleurs de l'année. Et sans doute le plus étonnant dans un contexte où la musique, le plus souvent, n'est que prétexte à vraiment défier le temps qui passe...

 

Bastille Day, J'ai Triste (paroles bouleversantes et brisées de Jacno), Le Paradis Des Menteurs, Les Sans Lendemain, autant de pièces d'un puzzle prêtes à composer une nouvelle Carte du Tendre. Sur scène, il faut regarder Les Valentins autant que les écouter : augmentés de trois anglais et d'un Camerounais, Jean-Louis donne la pleine mesure de ses rêves orchestrés tandis qu'Edith, guitare au poing, pattes d'araignée s'appropriant les planches, décroche les siens à la force de sourires insoupçonnés... et au prix de sa voix ! Mais qui s'en soucie ? Pas les premiers rangs, dont les visages maculés d'extase et de bleu font miroir à un seul geste d'Edith dans la vidéo des Pieds Dans La Lune : quand le public réagit ainsi, c'est qu'une histoire commence ! Les Valentins n'ont pas de saison...

F.D. - Glamour - 03/94


LES VALENTINS sont de retour et veulent le faire savoir aussi bien en français qu'en espagnol (Fuera de Aqui) ou en anglais (It's Too Late, Blood Red). Sans bouger de notre salon, Ego Ego nous fait visiter en musique l'ensemble du vieux continent en partant du Sud vers le Nord. Tel un tour operator de première classe, le groupe nous conduit dans les différents studios londoniens dans lesquels cet album a fini par voir le jour après quatre ans de lente maturation. Trop longtemps mises sous silence, les guitares d'Edith Fambuena ont eu tout loisir de gagner en agressivité et de devenir plus incisives tandis que les claviers de Jean-Louis Pierot ne se privent plus de rouler la tête baissée sur le guidon dans les descentes. Le couple répond sans coup de sommation à la brit-pop de Sleeper ou de Salad. L'intro de Telle Est La Question n'est d'ailleurs pas sans rappeler les Happy Mondays. Le premier single extrait de l'album On Le Sait cherche à se démarquer du grand frère Daho. D'ailleurs, de Daho on ne verra pas le moindre bout de nez sur Ego Ego. Les Valentins lui ont préféré l'anglais Robert Johnson. Mais comme les fameux pluvians, ces petits oiseaux qui nettoyent les dentures pointues des crocodiles, Les Valentins sortent leur album peu de temps après Eden. Il y a toujours des restes qui sont bons à prendre. Les déchets nocifs, ils ont préféré les laisser à leur ex-compagnon de voyage Gérald De Palmas. J.N. D - Magic - mars-avril/1997

 

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