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DARAN

- Déménagé (1997) East West
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INTERVIEW
Comment as-tu commencé à faire de la musique, et depuis quand en fais-tu ?
Oh... c'est très très très ancien. J'ai commencé vraiment tout petit. Dans ma famille, c'est assez musiciens du côté de ma mère, donc c'était assez naturel. Tout le monde chante, joue d'un ou deux instruments. Je me suis mis à la guitare très tôt, vers l'âge de 7 ans, pas contraint et forcé, c'était par goût. Et puis de fil en aiguille, j'ai acquis assez vite la certitude que j'avais envie de faire ça dans la vie, sans être vraiment pris au sérieux au départ, et puis ça s'est précisé. A 17 ans, je suis monté à Paris pour concrétiser tout ça.
Déménagé, titre du dernier album, tu as réellement déménagé je crois, une envie de changer de style de vie, de passer de la campagne à la ville, de connaître d'autres personnes ?
Oui, j'ai habité Paris pendant très longtemps, et puis je suis parti à la campagne, j'y suis resté 5-6 ans. Là, j'ai eu envie de réintégrer Paris, de me ré-urbaniser, retrouver les cafés, la ville. Donc oui, j'ai vraiment déménagé physiquement, maintenant je suis en plein coeur de Paris.
Et donc tu as perdu tes chaises dans le déménagement...
Non, j'ai enlevé les chaises... le nom "les chaises" tout simplement parce qu'il n'y a plus personne du tout premier groupe de 91. Philippe est avec moi à la guitare depuis 3-4 ans maintenant, il est toujours là. J'ai un nouveau "basse-batterie" en fait.
Tu as commencé ta tournée en novembre 97, des changements sont-ils intervenus sur scène depuis ?
Il y a eu des concerts depuis novembre, mais on est véritablement en tournée à partir de Juin-Juillet. On n'a pas vraiment une politique de tournée, on tourne tout le temps. Nous, on appelle tournée quand ça se resserre, quand il y a moins de "day-off". Effectivement au fil des concerts, le tir se précise. Il faut plusieurs concerts pour se figer, et puis ça ne l'est jamais vraiment parce que j'aime bien laisser une part d'incertain dans un concert. Je n'aime pas avoir un spectacle complètement figé. Certains peuvent se rassurer en figeant un spectacle, pour éviter le pire, mais je pense que si on évite les erreurs, on peut aussi passer à côté du meilleur. J'aime bien avoir un spectacle monté comme un squelette en quelque sorte, et garder quand même une part d'improvisation possible. C'est souvent des erreurs que naissent les améliorations.
Trois albums, un grand virage entre les trois, ce n'est peut-être pas seulement un déménagement, mais aussi une remise en question, une nouvelle orientation...
Disons que je suis en perpetuelle remise en question. C'est un peu mon moteur, avec ça que j'avance. Maintenant, je pense qu'il y avait autant de différence entre le 1er et le 2ème, qu'entre le 2ème et le 3ème... ou aussi peu... je ne sais pas... vu de l'intérieur c'est dur à déterminer. Quand j'ai sorti "Dormir Dehors", donc sur le 2ème album, des gens m'ont dit que j'allais perdre mon public, que j'avais changé d'axe... et si "Dormir Dehors" n'avait pas marché, je pense qu'on me le reprocherait encore aujourd'hui. Donc finalement, j'ai arrêté de me poser des questions à ce niveau là. Quand je rentre en studio, je fais exactement ce qui me vient, ce qui me plait sur le moment, ce qui me met les poils sur les bras. C'est la seule façon correcte d'avancer, parce qu'au moins on ne s'occupe pas de savoir s'il faut tenir une ligne directrice, j'aime mieux faire mon travail de chercheur.
Côté production, on retrouve toujours ce superbe son de guitare, quelques machines sont aussi présentes dans cet album... envie d'un côté un peu plus électronique...
Oui, j'avais envie d'imprégner toute cette technologie. Certains ont cru un côté techno, et en fait on en est très loin, c'est pas du tout ça. J'ai voulu justement garder le côté live basse-batterie-guitare, le combo rock de base, et imprégner tout ça de machines sans jamais qu'elles prennent le dessus, sans perdre de vue la chanson. Je suis un faiseur de chansons, j'aime bien la chanson comme base de travail.
Une collaboration avec Yarol de FFF...
Oui, on en avait envie tous les deux, ça s'est fait le plus simplement du monde, on est entrés en studio et on a essayé ça sur deux titres. Et comme on s'est bien marrés, on a dit "top là", on a fait l'album. J'ai pensé aussi que Yarol serait le mec idéal en fait pour mélanger technologie et live. C'est quelqu'un qui vient du live, j'étais sûr que les guitares ne seraient pas oubliées, vu que c'est un de nos meilleurs représentants de la guitare. Et d'autre part c'est un fou de machines, il est beaucoup plus pointu que moi dans ce domaine, donc il a amené énormément de savoir-faire dans la programmation, et puis belle aventure humaine aussi.
Qui est Tony, à qui est dédié cet album ?
Tony, c'est une histoire un peu triste, c'était un promoteur Belge avec qui j'étais devenu très pote, on était partis en vacances une fois en Italie et qui a été emporté par un cancer en très peu de temps, donc je lui ai dédié cet album.
Pour mieux connaître l'univers Daran, on connait des références commes celles de Bjork ou encore Radiohead, d'autres musiques t'accompagnent ?
C'est marrant, c'est innocent de citer Bjork ou Radiohead, ou je l'ai dis ?
Non, non, tu l'a dis !
Ah bon... ou alors c'était de la lecture dans mes pensées ! Oui, j'aime bien ces gens là, j'aime bien tous ces gens qui se creusent un peu la cervelle. J'aime bien les chercheurs, les gens qui reviennent et qui surprennent. J'ai horreur de la musique qui ronronne. J'aime moins les gens qui font 20 ans le même album en changeant deux bouts de texte et un bout de musique. Donc tous ces gens qui risquent beaucoup à chaque fois, qui sont un peu sur le fil, qui se remettent en question, qui se font de la mise en danger, je pense que c'est par là que naissent les choses intéressantes. Evidemment on n'est pas à l'abri des erreurs ou des faux pas, mais quand même à l'arrivée, c'est plus enrichissant, donc ils m'intéressent en règle générale.
Tu devais tourner un clip au Canada ?
Oui, c'était un projet, mais ça ne s'est pas fait finalement. Je ne vais pas tarder à y aller, ne serait-ce que pendant la coupe du monde, il n'y aura pas grand chose à faire en france, et si on cherche les pays qui se fouttent un peu du football, le Canada en fait partie.
Et toi aussi ?
Heu.... ouais..... ouais quand même !!
Des projets à la fin de cette tournée ?
On va faire le point, et on espère ne pas arrêter de tourner !
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