NATACHA TERTONE

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            BIOGRAPHIE :

On pourrait tenter de surprendre le premier long métrage de Natacha Tertone par le petit jeu du "dis-moi quels disques tu as chez toi et je te dirai qui tu es". Des sonorités à tendances 80's - on parle souvent de Young Marble Giants à son propos - aux influences plus 90's - Dominique A, Aphex Twin -, vous n'en finirez pas de vous embrouiller, de vous perdre dans son univers complexe et délicat. Ce n'est peut-être donc pas là qu'il faut attaquer la bête.

Il est peut-être préférable de reprendre les choses là où elles ont commencé, fin 97, dans la chambre d'une jeune fille, mais que quinze années de conservatoire n'avaient pas encore révélé à elle même. Natacha y gribouille des textes, y pianote sur un Bontempi quelques notes, rattache le tout avec le meilleur des ciments possibles, sa sensibilité, et se décide enfin à donner à écouter son bricolage. Le verdict tombe, sans appel : son entourage est séduit.

Et puis tout s'enchaîne. Logiquement. Un premier titre sur la compilation du fil du rasoir. Suivi par un premier mini album autoproduit et bien nommé, le ravissant "Ravi" (98). Entre temps, et peu à peu Natacha Tertone devient un groupe, qui de cinq membres se transforme en trio. Un noyau dur entouré de deux électrons libres : Bruno Mathieu (percussions diverses entre autres choses) et Philippe Mathieu (guitares et basses).

Voilà, pour les faits. Voilà, pour les repères chronologiques. Seulement, ce serait leur faire insulte que de s'arrêter là. Le seul petit jeu qui vaille la peine et qui nous permette de saisir Natacha Tertone et sa musique, c'est celui de l'émotion. Aucun autre. Parce que leur musique, respire la vie à plein poumon. Natacha Tertone nous y livre ses pensées, ses malheurs et bonheurs, sans arrières ou prépensées. Brut de décoffrage, mais surtout sans jamais tomber dans la complaisance ou le larmoyant. Loin de la caricature, son autoportrait vous trouble. Le trait n'est ni trop lourd, ni trop léger. Il est vrai, un point c'est tout !

Vrai et sophistiqué. A l'image de leur univers complexe comme un jeu de quilles où les idées tiennent place de chiens qui décanillent. Un univers tout en bidouillage, parce que la fragilité des choses que l'on bricole leur va si bien. Un univers qui souvent vous projette dans un monde cinématographique. Un peu comme si une fête foraine orchestrée par Kusturica était filmée par Tim Burton... Là-dessus, viennent se greffer des textes qui abhorrent la routine, le quotidien, la banalité... Le titre "C'est" en témoigne parfaitement : "On vit à la chaîne comme d'autres y travaillent", nous y confie Natacha.

Votre rôle à vous dans tout cela ? Il est aussi important que celui du spectateur, qui, s'il ne pose pas son regard sur le film, lui interdit toute existence. Comment vivez-vous ce "Grand déballage" ? C'est en somme la seule question qui persiste. Mais pour le coup, c'est à vous de franchir cette dernière étape. A vous de passer de l'autre côté de l'écran pour donner vie à la plus brillante des bandes originales. Stephen Gineste.

 

            DISCOGRAPHIE :

- "L'ivresse au Nord" (Compilation) Mars 1998 (Fil du rasoir / Hybrid'music)

- "Ravie..." (autoproduction) Octobre 1998

- "Vol.I" (Compilation BpB?) Janvier 2000 (B pourquoi B ? : Naïve)

- "Le Grand Déballage" (album) Février 2000 (B pourquoi B ? / Naïve)

- "Un hommach' à vous ottes" (CD Compil) Mars 2000 (Vérone music / Tripsychord)

- "Couleurs régions-Nord" (CD compil) Avril 2000 (FTD / Sony Music)

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